C’est quoi l’info ?
L’info qui parle de vous quand vous êtes le mal,
L’info qui vous polémique quand le bien est votre cheval,
L’info qui dit vrai,
L’info qui dit faux,
L’info qui dit faux du vrai pour gagner la désinfo.
L’info qui informe, désinforme en prenant toutes les formes.
De la plus honnête à la plus hors-norme.
L’info qui raisonne,
En débat au comptoir,
Autour d’une table le soir.
L’info qui en fait des tonnes,
Et qui nous permet de juger le monde ;
De le trouver beau ou immonde,
Sans jamais quitter sa personne.
L’info qui rend hommage,
Celle qui harcèle et sali l’image.
L’info de dernière minute,
À l’état brut, sans tact et sans but.
L’info dépourvue d’intérêt
Que l’on embellit, enrichit après.
Histoire de dire : le monde est fou !
Le monde est extraordinaire !
Mais en fait, le monde c’est nous.
Nous, les petits êtres ordinaires.
Il y a l’info ragot,
Il y a l’info intox,
L’info démago intoxiquée de maux ;
Toxique dans les mots, tonique dans son flot.
Il y a la vie dans la rubrique Naissance,
La mort dans la rubrique nécro ;
Pas grand monde ne s’attarde là je pense,
Vite, à la page tiercé, horoscope et météo.
Trop d’info déconcertante ?
Zap, ou clic.
Trop d’info choquante ?
Zap, ou clic.
Info émouvante ?
Savoure et reste statique.
Quel temps va-t-il faire demain ?
Sors, regarde autour de toi et très loin.
Que se passe-t-il ici et là ?
Sors, observe autour de toi et va loin.
L’info assiste,
L’info nous assiste,
L’info insiste,
L’info a fait de nous des assistés.
Dans ce présent nous sommes tous des auteurs potentiels,
Médiatiques, bienveillants, sarcastiques, formels ou informels ;
Nous jouons tous de la plume ou du clavier à titre compulsif,
À coup de forum, de commentaires destructeurs, de post instructif
Il y avait les signes
Les messagers divin et humain
Aujourd’hui l’information et ses démons.
On a tous des jours avec
Et aussi des jours sans
Des jours où l’échec
Nous fait tourner le sang
Un pas après l’autre, on s’affine, on grandit
Un pas après l’autre, on découvre la vie
On profite de la vie
On mange la vie
On donne la vie
On bousille cette vie
On rate sa vie
On perd la vie
Mais bon, c’est la vie…
Quand Paris la grise
N’est plus grisante
Qu’hier tout avait du charme
Et là tout devient infâme
Hier un sourire
Aujourd’hui, envie de le claquer
Hier des fous rires
Et là qu’on me foute la paix
Hier le monde m’amusait
Malgré sa bêtise incarnée
Et là je l’aurai cramé
Contre un peu de sérénité
J’ai une petite faim
Quand l’odeur d’un café m’éveille le matin
Quand le toast saute dans mes mains
Quand à côté de moi à toi tu reviens
Quand ta peau titille mon nez de son parfum
J’ai une petite faim
Quand la chaleur arrive dans la place
Et que l’été apporte ses glaces
Qu’au loin un petit air de salsa
Assèche ma bouche pour une téquila
Cette petite faim persiste
Dans un Paris Paradis
Un Paris parodie
Où souvent je vis en paria
Pour n’être jamais une proie
Le monde entier se ressemble pourtant
Mais nul n’a le même goût
Bienveillant ou malveillant
Nous sommes un grand plat de fou
Et toujours cette petite faim
Une envie d’absorber la vie
Envie de bouloter jusqu’à demain
Besoin d’ingurgiter c’est une manie
Un mange tout du destin
C’est une petite faim
Qui me poursuit depuis la naissance
Sans elle je n’aurai pas survécu je pense
Je suis devenu gastronome
Un gourmet de la vie
Un gargantua modèle réduit
Et bonhomme ! La gastronomie
C’est gastronomique !
Oui gars ! Astro no mique !
Tu verras un jour frère
Car la faim qu’est-ce que c’est ?
Avant tout c’est le besoin de vivre
Un besoin de suppléer
En cessant de se supprimer
En cessant de se supporter
Quand j’ai une petite faim
J’attrape mon frigo à deux mains
Parfois il me dit : reviens demain
Alors comment tenir toute la nuit ?
Toi là qui partage toutes mes nuits
Viens la petite pâtisserie…
J’ai une petite faim
Rien que d’en parler
L’estomac se met à gargouiller
Que pourrai-je déguster ?
Sucré ou salé ?
Amer ou épicé ?
Cela dépendra de comment sera le jour
Cela dépendra de comment sera l’avenir
Cela dépendra de toi et moi mon amour
Cela dépendra des cultures à venir
Car mes petites faims s’effacent
En regardant le monde qu’on nous montre
Et quand je le dévore sans y laisser de trace
Je voudrai dire à ce monde : montre-moi, montre !
J’ai comme une petite faim
Une petite faim sans fin
Une petite fin qui me donne faim
Je pourrai avoir la force de tout reconstruire,
Et oublier mes envies de détruire;
Avoir la force de grandir,
Arrêter un peu de mourir,
Cesser enfin de finir, de fuir;
Et prendre la voie du devenir.
Ensemble nous avons tellement combattu,
Ensemble nous avons tellement vécu;
Cependant nous n’avons rien vu.
L’homme est capable de tellement de choses,
De belles choses…
D’horribles choses…
Il est capable quand il propose,
Il est capable quand il impose;
Il se perd quand il dispose…
La vie n’est pas un jeu aux vies infinies,
Au contraire, elle est le trésor le plus défini
Quand on m’a présenté à toi, je t’ai reconnu,
On m’avait longtemps parlé de toi;
Je t’avais vu en action quelques fois,
Mais je ne pouvais pas te voir en peinture;
Je militais même contre ta dictature,
Quitte à avoir le monde à dos;
Même les anciens me faisaient rebondir si haut.
Pourtant même eux parfois saturaient,
Et de façon soudaine ils t’abandonnaient.
Ma mère me disait : aller change de crèmerie…
Pas de soucis, j’aime trop la vie,
Et le sport savait trop bien me conquérir;
Mais un jour je ne t’ai pas vu venir…
Effet de société ?
Deuxième effet de la puberté ?
Un jour dans ta robe blanche tu es arrivée,
Me faisant croire que j’allais gagner.
A chaque étape tu as fait parti de mon clan,
Du morveux, au ptit con condescendant;
Et plus loin, plus grand, à la sortie du rang,
Tu m’attendais encore au tournant.
Tu m’as suivi dans les rues,
Dans les beaux coins et les perdus;
Chaque jour tu m’as eu…
Tes bienfaits prenaient le dessus.
Je t’ai même fait danser aux narcotiques,
Ah les belles années psychébordéliques;
Et tous ces lendemains de discothèques,
Tous ces jours où tu m’as pollué la tête.
Petite blonde en paquet,
Petit cadeau empoisonné;
Un jour je t’ai allumé,
Les suivants tu m’as consumé.
Est-ce que tu m’auras ?
Est-ce que je t’aurai ?
Finir incinéré,
Finir en cendrier…
Si mignonne dans son lit d’ange,
Son sommeil est d’or;
Son être bien plus cher encore,
Lorsque l’on voit dans ses traits ;
Un peu beaucoup de ce que l’on est…
Mais qu’est-ce que j’entends au loin ?
C’est l’appel du biberon !?
Quelques heures passent et il revient,
Cher et vorace compagnon.
À peine le temps d’en faire un,
Que le deuxième vient ;
Puis un troisième se pointe enfin.
Tétine en bouche, le monde pourrait s’arrêter,
Risque de rage, risque d’orage ;
Si quelqu’un venait à y toucher…
Et elle tète, tète, tète la tétine pour la tétée façon entêtée,
Mais respires, tu t’étouffes !
Et elle tète, tète, s’entête à tue-tête.
Prends ton temps mon têtard sans maîtrise,
Ton empressement me tétanise.
Une fois que le bib est bu,
La peau du bide bien tendue;
Regard dans le vide et repu,
Un dodo candide elle m’a eu.
ZZzz….ZZzz…
Quelques heures et revoilà la faim,
D’un bibi pour mon bibi qui veut sa bibine;
Cette faim qui revient toujours et sans fin,
D’un biberon pour un ptit bibelot,
Qui remplira le bidon de mon crapaud.

Où que l’on aille ils sont partout,
Au hasard d’une rue ou d’un trou;
Sur un grand boulevard, bref n’importe où,
En cas de force majeure, ils sont là pour nous.
Lieu de culte et de déchéance,
Lieu de culte et de connaissance;
Un crime en terrasse,
Un crime sur toutes les places;
Un crime qui se devine et s’exprime,
Dans le sublime de la bibine.
Chaque civilisation avait sa table,
Il n’y avait pas d’heure pour l’impro buvable ;
Ni pour l’improbable.
Aller… Un petit noir bien serré !
Un petit demi, d’un trait bien sifflé.
Temple de discussion,
Temple d’observation;
Temple des premiers rencards,
Temple des mis au rancart;
Qu’importe la destination,
Il y a toujours un troquet pour vivre nos convictions…
Lieu des multitudes,
Lieu de star attitude;
Lieu pour certaines solitudes…
Un lieu avec mini prélude.
Ahhh mes bistrots parisiens…!
Et même de Navarre, ne soyons pas chien.
Chers sanctuaires divin.
Depuis que tu es là, je ne suis plus seul
l’Être encore est un désir trop casse-gueule…
Car la vie a changé,
Elle a évolué,
Au quotidien elle s’est adaptée;
Beaucoup trop vite elle s’est équipée.
Techniquement nous nous sommes rapprochés,
Mais humainement nous nous sommes éloignés;
Impossible de ne plus être en contact,
Impossible de ne plus être au courant;
Jusqu’au bout du monde on te traque,
Au fond du lit on t’attend…
Internet, Ethernet, bluetooth, wifi,
Sont les nouveaux parasites de cette décennie;
- Mais nan c’est top d’être en haut débit !
- Ouais super… Et ta tête elle rétrécit…?
Mange des ondes, bouffe des ondes,
Profite gars, c’est de la bombe;
C’est le forfait on se plombe…!
Moi j’ai mon mobile,
Je suis méga mobile;
J’oublie le papier, le touché, la simplicité,
J’ai pas le temps, j’ai le style;
J’suis anti immobile,
J’ai doucement tout oublié.
Il me réveille de façon subtile,
Il vibre, il vibre lui si agile;
Quand pourrai-je contempler la ville,
Rester juste un instant volatile;
Il me sonne et m’offre son tactile,
Me rendant toujours un peu plus débile…
- Mais pourquoi tu parles, t’en as un ?
- Oui mais je m’en sers tellement moins.
Car plus il en fait,
Moins je m’entends penser.
Moins je le touche, moins je décroche,
Plus je vis, plus je m’accroche.
On s’est connu il y a longtemps toi et moi,
Et toi là ! T’caches pas,
T’étais avec nous, tu méritais aussi ton lauréat,
Et même toi, content de t’avoir rencontré hier dans cette soirée là;
Entre nous il n’y a pas de vendetta,
Que des fiestas, nana, soda et téquila.
On est jeune, con
Des ptits cons quoi
Sans thermostat.
Jusqu’au jour où la vie nous échappera,
Où il faudra devenir un bon soldat;
Un bon petit fada,
Suivre une prépa pour devenir un bon papa,
De renégat nous deviendrons de bons chats,
Alors c’est la vie nous séparera…
On vieillit,
On grandit,
On passe des jours et des nuits;
A devenir plus riche et abruti,
Ou plus pauvre et endurci,
De la toupie on aboutit à l’utopie,
Philanthropie, sympathie,
C’est toute la fin d’une dynastie.
On engloutit la jeunesse, l’innocence et l’extravertie,
Juste pour avoir la garantie;
D’une place au soleil et de quelques royalties.
Rêve d’enfant, de gamin, d’amis avertis, d’amis pervertis.
Mais l’amitié passe dans nos vies…
On jalouse les bandes de vieux copains,
On aimerait les avoir encore dans nos calepins;
Mais le passé était incertain,
Et aujourd’hui tout est certain.
Il me reste mon gagne-pain,
La plume et mes bouquins,
Car nombre de copains sont passés au grille-pain.
A cause de mon baratin,
A cause de leur baratin;
Car nous ne sommes plus des saints.
trop de pépins, trop de lapins, trop de sapins…
Trop de crétins, trop de festins, de libertins,
De diablotins, de pantins, Bref !
Trop du destin…
Notre vie est comme une station de métro,
Les amis, les relations y passent crescendo;
Les copains, les contacts y viennent presto,
Mais une fois qu’est passé l’effet trémolo,
Tout retrouve son état zéro.
On redevient incognito,
Nous redevenons normaux;
Enfin… A demi-mot,
Enfin… Jusqu’au prochain scénario.
Il y aura d’autres stations, d’autres correspondances,
D’autres circonstances, d’autres latences, d’autres influences;
Et il y aura tellement d’autres connaissances,
Tellement d’autres tendances.
Car à mon sens,
L’amitié est à double sens;
Elle naît et disparaît toujours en silence.




